Il n’est pas possible de dire à quel endroit ils ne se sont pas installés sur le territoire, mais on peut affirmer de façon certaine qu’ils habitaient au moins 3 sites.
En ce qui concerne Villers-la-Fosse, la présence d’un tombeau (dolmen de la Pierre-Laye) ayant contenu une vingtaine de squelettes sur un dallage rustique atteste de façon certaine de l’installation d’une colonie sédentaire organisée à cet endroit. Il est facile d’imaginer dès lors que les habitants se situaient près des sources que nous connaissons, probablement dans la zone de Villers-le-Haut, site favorable aux abris naturels ou artificiels, bien exposés au soleil et protégés des vents du Nord. Notons également que cet endroit constitue un excellent point de vue pour observer les allées et venues amies ou ennemies. On imagine alors les activités agricoles et d’élevage, réparties sur les plateaux et dans les zones moins escarpées des coteaux. On imagine également les préoccupations moins matérielles et plus spirituelles de cette colonie, soucieuse d’assurer la survie de leur âme, grâce à des monuments, des rites et des symboles déjà religieux dont le dolmen constitue le plus beau témoignage encore existant.
On y retrouve la présence de sources, la très belle exposition, la situation stratégique, mais pas de dolmen connu. Pourquoi alors affirmer que des Hommes ont habité là ? Tout simplement parce que La Carlette accueille au lieu dit « La poterie » (ce n’est pas un hasard), un site rare dans le monde, très mal connu, mais inscrit dans les écrits archéologiques du début du 20ème siècle sous le nom d’alignement de Cuisy-en-Almont. Il est situé au-dessus du dernier virage de la côte de la Carlette, à une quinzaine de mètres de la route actuelle, parallèle à celle-ci et s’étend sur une longueur de 131 mètres. Ce site a été découvert en 1911 par M. Brunehant et répertorié à la société archéologique de France. On ne connait pas actuellement sa signification, mais il est vraisemblablement, tout comme le dolmen de la Pierre Laye, en relation avec les rites funéraires de l’époque. Cet alignement n’était pas connu par le fait que les eaux de ruissellement l’avaient recouvert de terre en totalité. Si les pierres dressées ont été retirées pour permettre le passage de la charrue, les plus grandes dalles sont certainement demeurées intactes et selon les dires de la société archéologique : « Il serait intéressant de faire de nouvelles fouilles pour savoir si, sous ces groupes de pierres non rangées, bien différentes de celles dressées et alignées, on ne découvrirait pas des restes de sépultures à incinérations ou à inhumations. »
Il est possible également que la zone s’étendant au-dessus de l’actuel cimetière et le lieu-dit la butte du gué soit favorable à une installation humaine de par son exposition et la présence d’une carrière exploitée il y a fort longtemps et dans laquelle ont été retrouvés des ossements préhistoriques. Par ailleurs, certains documents du début du siècle prétendent que la pierre constituant la table du dolmen de La Pierre Laye serait issue de cette carrière dont ne subsiste aujourd’hui qu’une étroite ouverture.